Accéder directement au permis A sans passer par la case A2 reste impossible en France depuis la réforme de 2016. La réglementation impose une progression stricte : deux ans de permis A2, formation obligatoire de sept heures, puis délivrance du permis A pour conduire toutes les motos, sans restriction de puissance.
Toute dérogation à cette règle, même temporaire ou exceptionnelle, se heurte à une législation rigide. Les candidats doivent composer avec des délais incompressibles, des justificatifs précis et des contrôles réguliers. Toute tentative de contourner ce schéma expose à des refus systématiques lors de l’instruction des dossiers.
Comprendre les différentes catégories de permis moto : A1, A2, A
En France, le parcours du motard ne s’improvise pas. L’accès à la conduite d’un deux-roues motorisé se structure par étapes, chaque catégorie de permis moto fixant ses propres exigences, en fonction de l’âge et de la puissance de la machine.
Voici un aperçu des différentes catégories :
- Permis AM : accessible dès 14 ans, ce premier sésame permet de circuler sur un cyclomoteur de 50 cm³ limité à 45 km/h. Il impose une formation de 8 heures, mais pas d’examen final.
- Permis A1 : ouvert à partir de 16 ans, il autorise la conduite d’une moto ou d’un scooter jusqu’à 125 cm³ et 11 kW. L’ETM (épreuve théorique moto) est requis pour l’obtenir, ce qui en fait le choix des citadins ou des amateurs de petites cylindrées.
- Permis A2 : réservé aux conducteurs de plus de 18 ans, il permet la prise en main de motos jusqu’à 35 kW (47,5 ch). Impossible d’y couper si l’on vise plus tard de plus grosses cylindrées : deux années d’expérience sont obligatoires avant de prétendre au niveau supérieur.
- Permis A : la catégorie ultime. Seuls les détenteurs du permis A2 depuis au moins deux ans, ayant suivi une formation passerelle de 7 heures, peuvent y accéder. Plus aucune limite de puissance, toutes les motos deviennent accessibles.
Ce système de permis moto impose un parcours encadré, étape par étape. Chacun avance selon son âge, son expérience et ses besoins. Les règles sont strictes : impossible de sauter une marche. Cette progression vise à protéger les conducteurs, en misant sur l’apprentissage progressif et la sécurité.
Est-il possible d’obtenir directement le permis A sans passer par le A2 ?
Depuis le décret du 31 mai 2016, la règle ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Impossible aujourd’hui de décrocher le permis A sans être passé par le permis A2 au préalable. Le ministère de l’Intérieur a tranché, et la filière d’accès est unique : chaque candidat, quel que soit son âge ou son expérience, doit suivre le même parcours, sans exception ni raccourci.
Pour ceux qui visent la moto de toutes puissances, deux étapes sont imposées :
- Obtenir le permis A2 et le conserver pendant au moins deux ans (le passage à la formation passerelle est possible dès 21 mois).
- Effectuer une formation passerelle A2 vers A de 7 heures auprès d’une moto-école. Cette étape, désormais sans examen pratique, permet de valider l’expérience acquise sur une moto bridée à 35 kW.
L’abandon de l’épreuve pratique entre A2 et A, introduit par la réforme, ne change rien au principe : pas de permis A sans permis A2. Expérience, âge ou kilomètres au compteur n’y font rien. Le dispositif s’applique à tous, sans distinction.
La réforme de 2016 a imposé un schéma unique et progressif. Le temps et la pratique sont considérés comme les seuls garants fiables d’une bonne maîtrise des motos puissantes. Cette montée en compétence vise à réduire les accidents et à responsabiliser chaque futur motard.
Les démarches et documents à prévoir selon votre situation
Le passage du permis A2 au permis A suit une procédure précise, jalonnée de vérifications et d’obligations. Pour amorcer la formation passerelle A2 vers A de 7 heures, il faut s’adresser à une moto-école. Ce programme s’articule en trois parties : 2 heures de théorie, 2 heures de plateau, puis 3 heures de circulation sur route ouverte. Impossible d’y échapper, tout comme à l’équipement obligatoire : casque, gants, blouson, pantalon renforcé et bottes homologuées sont exigés.
La demande de nouveau permis de conduire s’effectue en ligne sur le site de l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés). Pour constituer un dossier complet, il faut fournir :
- Un justificatif d’identité
- Un justificatif de domicile de moins de six mois
- Le permis A2
- L’attestation de suivi de la formation passerelle
- Une photo d’identité conforme
- Le formulaire Cerfa, si nécessaire
La plupart du temps, la moto-école guide les candidats dans ces démarches administratives.
Une fois le dossier validé, le permis est édité par l’imprimerie nationale et envoyé par La Poste en lettre suivie. Un numéro de suivi permet de surveiller l’acheminement. Selon la période, le délai d’attente varie généralement entre une et deux semaines.
Côté financement, le CPF prend en charge certaines formations moto, mais pas la passerelle A2 vers A. Enfin, l’assurance moto ajuste ses tarifs selon la puissance du véhicule et l’expérience du conducteur. À chaque étape, l’anticipation et la rigueur font gagner du temps et évitent les mauvaises surprises.
Stages, points et questions fréquentes : ce qu’il faut vraiment savoir avant de se lancer
La progression réglementée du permis moto
Depuis la réforme de 2016, l’accès direct au permis A est définitivement révolu. L’étape permis A2 s’impose à tous, sans distinction d’âge. Deux ans minimum de conduite, puis la formation passerelle obligatoire : ce parcours vise à sécuriser la montée en puissance et à responsabiliser chaque candidat. La logique est claire : apprendre à maîtriser avant d’accéder à la pleine puissance.
Stages, points et équivalences : les subtilités à connaître
Le passage du permis A2 au permis A repose sur le stage de formation passerelle de 7 heures. Pas de nouvel examen pratique, mais une présence assidue et le respect des consignes sont exigés. Pour ceux qui détiennent déjà le permis A1, il existe un petit avantage : pas besoin de repasser l’ETM si le permis date de moins de 5 ans. En revanche, un permis AM, obtenu après 8 heures de formation, n’ouvre aucune passerelle vers l’A2 ou l’A.
Voici quelques points à garder en tête pour naviguer entre les différentes catégories :
- ETM obligatoire pour le permis A2, même quand l’ETG a été validé depuis moins de 5 ans.
- La période probatoire de 2 ans démarre dès l’obtention de l’A2.
- La formation 125 cm³ ne permet pas d’accéder directement aux catégories supérieures.
L’équipement homologué n’est pas seulement exigé en formation : il reste indispensable lors de toute circulation, du premier stage à la première balade hors agglomération. Casque, gants, blouson, pantalon et bottes forment le minimum pour rouler en règle et en sécurité. En somme, passer du permis A2 au permis A, c’est accepter la rigueur à chaque étape, mais c’est aussi s’offrir la liberté de rouler sur tous les horizons une fois le précieux sésame en poche.


