Les chiffres ne mentent pas : chaque année, l’alcool au volant fait basculer des vies et noircit les statistiques routières. Face à ce constat, impossible de faire l’impasse sur les éthylomètres et éthylotests. Leur présence sur le marché n’est pas une option, mais une nécessité pour limiter les drames et rappeler que la vigilance collective commence souvent par un souffle contrôlé.
Impossible d’imaginer une politique de sécurité routière crédible sans eux. Ces dispositifs mesurent le taux d’alcool dans l’air expiré, agissant comme un rempart contre les risques liés à la conduite en état d’ivresse. Mais pour remplir leur mission, ils doivent se plier à des règles strictes. Rien n’est laissé au hasard.
Sur le Vieux Continent, la norme EN 15964 fixe précisément les exigences techniques et les modalités de test des éthylomètres. Traversée de l’Atlantique : aux États-Unis, on se réfère à la norme NHTSA. Ce patchwork réglementaire ne laisse pas de place à l’improvisation : d’un pays à l’autre, la fiabilité des mesures et leur comparabilité restent au cœur des préoccupations.
Les différents types d’éthylomètres et éthylotests
Face à la diversité des besoins, le marché propose une gamme étendue de dispositifs. Voici les principales variantes, adaptées à différents contextes d’utilisation :
- Éthylotest électronique : Réutilisable et précis, il séduit de nombreux particuliers soucieux de vérifier leur taux avant de reprendre le volant. Sa fiabilité en fait un allié pour anticiper les risques.
- Éthylotest jetable : Pratique et à usage unique, il permet une première vérification, même si sa précision reste inférieure à celle des modèles électroniques. Il dépanne lors d’un contrôle improvisé.
- Éthylotest chimique : Fonctionnant avec des réactifs colorimétriques, il sert dans de nombreuses campagnes de prévention et se destine aussi à une utilisation unique.
- Éthylotest électronique professionnel : Outil privilégié des forces de l’ordre, il se distingue par sa fiabilité et sa précision lors des dépistages routiers.
- Éthylotest électronique Grand Public : Plus accessible sur le plan financier et technique, il se prête à un usage individuel ou collectif ponctuel.
- Éthylotest électronique connecté : Associé à une application mobile, il affiche les résultats sur smartphone et permet un suivi personnalisé de sa consommation.
- Éthylotest électronique certifié de type borne : Installé dans les entreprises, établissements festifs ou associations, il offre à chacun la possibilité d’effectuer un contrôle autonome.
- Éthylomètre : Réservé aux contrôles officiels, c’est l’outil de référence des autorités pour une mesure irréprochable de l’alcoolémie.
Les normes réglementaires en vigueur
Pour qu’un éthylotest ou un éthylomètre soit reconnu, il doit répondre à un cadre réglementaire rigoureux. Plusieurs textes encadrent leur usage et leur homologation. La directive européenne 2000/30/CE fixe les seuils et les méthodes applicables au contrôle technique, rejointe par la directive 2014/47/UE qui précise les modalités pour renforcer l’efficacité des contrôles.
- Directive 2014/45/CE : Rend obligatoire un contrôle technique annuel pour les véhicules de transport de marchandises.
- Arrêté du 2 juillet 1982 : Implique l’installation d’éthylotests anti-démarrage (EAD) dans tous les autocars transportant des enfants.
- Décret 2012-3 du 2 janvier 2012 : Implique l’utilisation effective des EAD dans les véhicules équipés.
- Arrêté du 29 décembre 2015 : Actualise les règles relatives au transport en commun de personnes, prolongeant l’exigence d’équipement en dispositifs de contrôle de l’alcoolémie.
La CNIL n’est pas en reste : avec l’autorisation unique n°AU-026, elle encadre la gestion des données collectées par les EAD. L’objectif ? Protéger la vie privée des conducteurs tout en maintenant le niveau d’exigence en matière de sécurité.
Choisir un éthylotest ou un éthylomètre conforme n’est pas un détail administratif. C’est la condition pour des mesures fiables et un usage autorisé. Avant d’investir, vérifiez toujours que le modèle respecte les normes en vigueur, car la sécurité sur la route ne tolère pas l’approximation.
L’importance de la conformité aux normes pour la sécurité routière
Le gouvernement place la barre haut en matière de sécurité dans les transports. Depuis le 1er septembre 2015, les éthylotests anti-démarrage (EAD) sont obligatoires dans tous les autocars. Un geste fort, qui vise à renforcer la confiance des usagers et des conducteurs.
Ces dispositifs ne se contentent pas d’être installés : ils doivent être contrôlés chaque année dans un centre qualifié. Les données recueillies sont conservées pendant 45 jours, permettant à l’employeur de vérifier régulièrement le respect des règles. Ce suivi devient un outil de gestion pour s’assurer que chaque conducteur adopte un comportement exemplaire.
La généralisation des EAD dans les autocars transportant des enfants découle d’une décision du Comité interministériel sur la sécurité routière (CISR) de février 2008. Objectif : agir en amont, prévenir l’alcool au volant et réduire le nombre d’accidents.
Le message est clair : la sécurité sur la route ne se négocie pas. Les employeurs, en s’assurant du bon fonctionnement des EAD, participent directement à cette exigence de vigilance. À chacun d’en faire une priorité, car la route ne pardonne aucune faiblesse. Demain, ces dispositifs feront peut-être partie du quotidien de tous les conducteurs. Saurons-nous relever le défi collectif de la sobriété au volant ?


