Les chiffres parlent d’eux-mêmes : chaque année, plus de 3 000 kilomètres de routes françaises ferment partiellement ou totalement, piégeant parfois les motards les plus aguerris par des barrières inattendues ou des panneaux “route barrée” perchés à 2 000 mètres. Le cadre légal, lui, n’est jamais figé : la question des gants homologués, des dispositifs réfléchissants ou du port du blouson, évolue selon les coins du pays. Impossible de partir à l’aventure le nez au vent sans un minimum de préparation, même sur les plus beaux itinéraires.
Chaque été, certains tracés affichent complet : embouteillages, températures en montagnes russes, pluie d’un côté, soleil de l’autre. Mais la France des motards ne se limite pas à ces grandes classiques. Il existe des routes moins connues, parfois désertées, où la balade prend le goût de la découverte et du calme, loin des foules et des selfies à la chaîne.
Pourquoi la France est un paradis pour les motards
Tout invite à enfourcher sa moto et à parcourir la diversité des routes en France. Que l’on apprécie les longues traversées façon grand voyage ou que l’appel du bitume ne résonne que pour le week-end, les paysages se mettent au diapason de toutes les envies. Par exemple, la Route des Grandes Alpes attend les audacieux pour franchir l’Iseran, le Galibier, la Bonette, et se mesurer à la réputation sinueuse de l’Alpe d’Huez. Le dénivelé se mérite, mais chaque sommet récompense l’effort d’une vue ouverte sur l’infini alpin.
Ambiance changement de décor avec la Route Napoléon : de l’Alpes à la Provence, on suit les traces historiques de l’Empereur, rythme parsemé de villages suspendus et d’étendues où la lavande et les pins s’imposent. Les motards qui aiment les trajectoires vives y trouvent leur compte à chaque virage.
Dans le sud, la Corniche des Cévennes préserve son esprit sauvage. Ce ruban d’asphalte file au cœur de vallées préservées, traverse des villages au charme discret, et met l’accent sur la nature brute et l’authenticité de l’Occitanie.
Remontant vers le nord, la Route des Crêtes fait la jonction entre les montagnes des Vosges et de l’Alsace. Entre Grand Ballon et Hohneck, les hautes prairies alternent avec des forêts profondes, pour des panoramas changeants que seul l’œil casqué du voyageur remarque vraiment.
La Bretagne ne laisse pas les motards indifférents : la Côte de Granit Rose étonne à chaque détour, avec ses blocs de pierre dressés face à la mer et ses paysages marins aux couleurs presque irréelles. Sur ces routes, la communauté motarde ne se contente pas de rouler ; elle partage conseils et roadbooks, échange sur les forums ou lors de rassemblements, et prolonge l’expérience hors des sentiers battus. Explorer la France à moto, c’est changer de décor, mais aussi de tempo, chaque région imposant ses règles du jeu.
Quels sont les 5 itinéraires moto incontournables à découvrir
Pour les amoureux du bitume, certains itinéraires se détachent tant par la beauté des paysages que par le plaisir de la conduite. Voici les parcours phares à ne pas manquer.
- Route des Grandes Alpes : près de 700 km entre Thonon-les-Bains et Menton. Ce circuit mythique permet de franchir l’Iseran, le Galibier, la Bonette, et il n’est praticable que durant la belle saison, entre juin et septembre. Les motos trail y sont reines, dans un enchaînement de lacets et de sommets.
- Route Napoléon : reliant Golfe-Juan à Grenoble sur 325 km, cette route se distingue par des paysages variés et une succession de courbes parfaites pour les machines agiles. À privilégier au printemps ou à l’automne pour rouler plus tranquille.
- Corniche des Cévennes : sillonnant les reliefs entre Florac et Saint-Jean-du-Gard (de 60 à 160 km), elle accueille autant les routières paisibles que les sportives avides de reliefs. Ici, chaque détour invite à lever le pied et admirer la vue.
- Route des Crêtes (Vosges/Alsace) : une centaine de kilomètres reliant Cernay à Sainte-Marie-aux-Mines. Le tracé épouse la montagne, alternant cols et plateaux, accessible idéalement de mai à septembre pour profiter au mieux du paysage.
- Côte de Granit Rose : un périple qui peut s’étirer de 30 à 365 km sur la côte nord de Bretagne, entre Perros-Guirec et Trébeurden. Les motos touring et les aventurières y trouvent des paysages côtiers façonnés pour la contemplation.
À chaque route sa personnalité, du souffle montagnard au rythme maritime, du serpentin cévenol au relief alsacien.
Sur la route : points d’intérêt et haltes à ne pas manquer
Les itinéraires vraiment marquants sont aussi ceux rythmés par des arrêts réfléchis. Difficile de ne pas s’accorder une pause en traversant le parc national de la Vanoise, au sommet du col de la Bonette ou en descendant dans la vallée du Mercantour. Les villages alpins comme Val d’Isère ou Briançon ouvrent de belles parenthèses où le temps semble suspendu.
Quand on suit la Route Napoléon, impossible d’ignorer les étendues du Verdon, ni une pause à Sisteron pour admirer son impressionnant rocher. Après un café, la route mène vers Grenoble par le col de la Croix-Haute, chaque segment s’accompagnant d’étapes qui donnent du relief au voyage.
La Corniche des Cévennes déroule son asphalte entre vallées, forêts et villages qui invitent à la flânerie, comme Florac ou Saint-Jean-du-Gard. Le col de Perjuret mérite un arrêt juste pour la vue et la tranquillité.
En Alsace, la Route des Crêtes offre des haltes variées, de Munster à Gérardmer : panorama sur le Grand Ballon, halte mémorielle au Vieil Armand, virée gourmande près de la route des vins, à savourer modérément et sans prendre de risques.
La Côte de Granit Rose aligne les escales charmantes : Perros-Guirec, Ploumanac’h et son phare, Trébeurden ou les petits ports animés. Ici, chaque arrêt dévoile une facette originale de la Bretagne.
Conseils pratiques pour un roadtrip moto réussi en toute sécurité
Préparation et équipements : la base d’un voyage serein
Se lancer sur les routes requiert un minimum de rigueur. On vérifie la mécanique de la moto : pneus, huile, freins, phares. Dans le sac, une trousse de premiers secours et un kit de réparation évitent bien des galères inattendues. La tenue doit suivre : casque homologué, blouson renforcé, gants, bottes. Même quand le soleil brille, mieux vaut prévoir un imperméable. Une grosse averse arrive sans prévenir, surtout à flanc de montagne.
Documents et navigation : anticipez les imprévus
Papiers du véhicule et du pilote sous la main : permis de conduire, carte grise, attestation d’assurance. Les contrôles ne sont pas rares sur les routes touristiques ou à l’entrée des parcs naturels. Pour se repérer, des applications spécialisées présentent des roadbooks thématiques, signalent les aléas et facettent votre itinéraire avec des suggestions taillées pour la moto.
Petit rappel avant de partir :
- Préparez les ravitaillements : certaines zones, comme l’Auvergne ou des coins de la Loire, peuvent manquer de stations essence sur plusieurs dizaines de kilomètres.
- Examinez votre assurance moto pour qu’elle couvre bien l’ensemble du périple, durée incluse.
- Un GPS moto ou une appli fiable limite les détours inutiles, surtout en zones peu desservies.
Le partage d’expérience au sein de la communauté motarde se révèle précieux : échanges sur l’état de la route, les auberges sympas ou les hébergements insolites, conseils sur la sécurité. On gagne du temps, on évite les mauvaises surprises, et parfois on déniche LE spot que l’on n’aurait jamais trouvé autrement.
Fil conducteur de tous ces conseils ? Sur la route, la France se donne sans retenue à qui ose explorer au-delà des cartes postales : lacets imprévus, haltes chaleureuses, paysages grandioses. Roule, écoute, observe : c’est là que s’invente le plus beau des voyages.


